Marie Luce Nadal

“En recherche permanente de nouveaux terrains d’expérimentation, Marie-Luce Nadal tire ses inspirations dans l’exploration d’espaces naturels comme dans l’immersion en laboratoires scientifiques. Au cours de ces dernières années, ses recherches ont consisté à interpréter et construire des paysages artificiels à partir de l’observation d’environnements et de phénomènes naturels (dont tout particulièrement la métrologique) – autant de moteurs de fascination pour transcender une forme d’incompréhension que le monde, dans son immensité, renvoie parfois. Elle s’intéresse spécifiquement à l’impact que peut avoir toute matière fluide, évanescente et éphémère, sur un environnement choisi, et la perception qu’en ont les spectateurs attribuant à l’œuvre un caractère esthétique, poétique, voire énigmatique. La dynamique, les flux et leurs interactions, les mouvements à l’œuvre dans l’univers, sous- tendent une interrogation inhérente à sa démarche : comment capturer l’aérien, posséder l’insaisissable ? Mue par ce questionnement, elle élabore des machines et procédés, qui empruntent au vocabulaire formel de la science, pour faire surgir des phénomènes ou leurs évocations, aussi mystérieux qu’évanescents. À travers des dispositifs sensibles, elle s’attache à créer de nouveaux rapports d’échelles à notre environnement pour solliciter, sans moralisation, la conscience de chacun et rendre compte de l’existence de ce qu’on ne voit pas.